Le Lézard

La CSQ rend publiques les principales conclusions d'une nouvelle étude - L'école, c'est pour la vie ! - Un nouveau pacte social pour l'éducation



MONTRÉAL, le 23 mai /CNW/ -- MONTRÉAL, le 23 mai /CNW Telbec/ - Jocelyn Berthelot, conseiller et chercheur à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), a rendu publiques aujourd'hui les principales conclusions de sa plus récente recherche qui porte sur la situation de l'éducation québécoise dans un contexte de mondialisation. "Le système d'éducation québécois est devenu, au fil des ans, profondément inégalitaire. Nous devons constater que nous faisons fausse route et agir dès maintenant pour recentrer l'éducation sur le bien commun", de souligner Jocelyn Berthelot.

Mettre fin à l'apartheid scolaire

L'étude démontre que les élèves les plus vulnérables accèdent dans les faits aux contextes scolaires les moins favorables à la réussite. Elle dénonce le caractère paradoxal de politiques scolaires qui encouragent l'intégration des élèves en difficulté dans les classes ordinaires, alors qu'on en retire les bons élèves qui pourraient pourtant contribuer à la réussite de tous. Elle met en lumière l'ampleur des inégalités éducatives qui persistent et qui affectent tout particulièrement les élèves de milieux pauvres et des communautés noires.

Depuis plusieurs années, la CSQ déplore qu'un noyau dur de plus d'un jeune sur quatre, concentré principalement dans les milieux pauvres, n'obtient pas son diplôme du secondaire. Elle constate que le Québec est toujours loin des objectifs fixés en 1997 et que, d'ici à 2010, 85 % des jeunes et des adultes de moins de 20 ans obtiendront un diplôme du secondaire. Ces objectifs ont été réitérés par le ministère de l'Éducation dans son Plan stratégique pour 2005-2008. Loin de se rapprocher de l'objectif, on s'en est éloigné ces dernières années.

Pour le président de la CSQ, Réjean Parent, "L'éducation québécoise a glissé sur la pente dangereuse d'un modèle qui met la concurrence et le mimétisme des pratiques de l'entreprise privée au c?ur de ses principes. L'enseignement privé est en pleine croissance, les projets sélectifs se multiplient dans les écoles publiques, la compétition scolaire débute dès les premières années de la scolarisation." On a ainsi créé un véritable apartheid scolaire auquel il est urgent de s'attaquer.

Un nouveau pacte social pour l'éducation

Le chercheur propose un nouveau pacte social pour l'éducation. Ce nouveau pacte suppose d'abord l'adoption de politiques visant justement à mettre fin à l'apartheid scolaire actuel en renforçant le caractère public et commun de l'éducation.

"Il faut mettre fin à cette situation par le retrait progressif de tout financement public de l'enseignement privé tout en assurant l'intégration des élèves et du personnel touchés dans le réseau public, en encadrant beaucoup plus étroitement le choix de l'école et en mettant en place des politiques favorisant l'hétérogénéité des classes. De nombreuses recherches internationales démontrent que c'est là la meilleure politique à suivre pour améliorer la réussite du plus grand nombre sans pour autant affecter négativement les élèves plus performants", de dire Jocelyn Berthelot.

Il faut mettre le cap sur la réussite en mettant en place un ensemble de mesures ciblées et récurrentes pour soutenir les groupes et les élèves les plus vulnérables. Des pas ont déjà été franchis dans cette direction, mais il faut faire davantage. La fréquentation de services de garde de qualité par les enfants pauvres et immigrants, l'élargissement de l'éducation préscolaire aux enfants de quatre ans, la réduction du nombre d'élèves par classe dans les milieux ciblés, la permanence des mesures s'adressant aux milieux défavorisés, un soutien amélioré pour les élèves en difficulté et le respect de l'autonomie professionnelle, seule garante de la nécessaire diversité pédagogique, sont parmi les mesures proposées.

Des améliorations s'imposent également à l'enseignement supérieur. En 2002, le taux d'obtention d'un baccalauréat chez les jeunes Québécois était de 27,7 %, ce qui était inférieur de 4,8 points à la moyenne des pays de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Il ne fait donc aucun doute que, tant pour le développement des personnes que pour celui de la société québécoise, une amélioration de la scolarisation, qui prépare à la fois aux exigences d'une citoyenneté élargie et à un marché du travail en pleine transformation, est nécessaire. Pour ce faire, il faut revaloriser la formation professionnelle et technique, rendre l'enseignement supérieur plus largement accessible et diversifier la formation continue.

"Il est urgent de convenir d'un nouveau pacte social pour l'éducation québécoise qui vise une plus grande égalité, l'intégration sociale et la justice scolaire. Les mesures proposées n'exigent pas des investissements astronomiques. Elles relèvent d'abord de choix politiques qui mèneraient à une redéfinition des priorités et à un réinvestissement qui vise particulièrement les groupes les plus vulnérables", de préciser Jocelyn Berthelot.

Cette étude connaîtra des suites. "Une proposition est présentée au prochain Congrès de la CSQ visant à soumettre à la discussion, auprès des membres et de l'ensemble de la population, un projet qui pourrait permettre véritablement de remettre l'école sur ses rails en matière d'égalité des chances, comme le voulait le chantier prioritaire proposé par la Commission des États généraux sur l'éducation que l'on a malheureusement relégué aux oubliettes", de conclure M. Parent.

La version intégrale de la recherche incluant l'ensemble des références pertinentes sera disponible en librairie au début d'octobre 2006 : Jocelyn Berthelot, Une école pour le monde. Une école pour tout le monde, vlb éditeur. Le résumé L'école c'est pour la vie ! Un nouveau pacte social pour l'éducation porte sur la dernière partie de l'ouvrage et est disponible sur le site www.csq.qc.net.

Le Congrès de la CSQ, Collectivement pour un monde différent se tiendra du 26 au 30 juin 2006.

Profil de la CSQ

La Centrale des syndicats du Québec représente environ 180 000 membres, dont plus de 125 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l'éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.


Communiqué envoyé le 23 mai 2006 à 11:00 et diffusé par :