Le Lézard

La production télévisuelle : un marché très rentable à même les fonds publics Le Syndicat des employés en radio-télédiffusion de Télé-Québec (CSQ) réclame une enquête pour suivre la route de l'argent



MONTREAL, le 21 mai /CNW/ -- MONTREAL, le 21 mai /CNW Telbec/ - "Après les firmes de communication qui ont empoché le gros lot à même les fonds publics en obtenant des contrats lucratifs du gouvernement fédéral, grâce à leurs contacts privilégiés dans la machine, comme l'a démontré la célèbre commission Gomery, les journalistes auraient intérêt à suivre la route de l'argent de la production télévisuelle qui n'est pas moins lucrative, bien que celle-ci étant légale, que ce qu'on a connu avec le scandale des commandites."

Le président du Syndicat des employés en radio-télédiffusion de Télé- Québec (SERT), affilié à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Philippe Ouimet, lève aujourd'hui une partie du voile, dans le cadre de la cinquième capsule d'information sur la privatisation de Télé-Québec, sur le très rentable marché de la production télévisuelle.

Des producteurs privés qui se nourrissent des fonds publics

Le leader syndical soutient que bien peu de secteurs d'activités économiques, sinon aucun autre, assurent un rendement aussi bénéfique avec si peu de risques que c'est le cas avec la production télévisuelle.

"Ce n'est pas le fruit du hasard ou par mécénat à l'égard de la société québécoise que les producteurs indépendants veulent mettre la main sur la télévision publique. Ils savent très bien que c'est extrêmement payant et rentable, contrairement au discours gouvernemental. La privatisation de la production télévisuelle à Télé-Québec laisse faussement croire aux gens que le gouvernement va faire des économies puisqu'il se retire de ce secteur. La réalité est bien différente, car, en fait, le gouvernement du Québec va continuer de subventionner la production effectuée par des producteurs privés, alors que seuls les employés seront "privatisés" et feront les frais de ce changement de cap", soutient M. Philippe Ouimet.

Un rendement de 3000 %

M. Ouimet ajoute que non seulement les producteurs privés vont prendre la relève à la place de la télévision publique, mais ils vont également le faire sans aucun risque, à même les fonds publics de l'Etat québécois.

"Si quelqu'un a 500 $ à investir, le meilleur secteur où investir est la production télévisuelle. Il pourra ainsi retirer de son placement un montant de 15 000 $ à titre de producteur, provenant des fonds publics via les divers programmes de subventions. Il s'agit d'un rendement minimal de 3000 %. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est difficile de faire mieux", rapporte M. Ouimet.

Télé-Québec : une poule aux oeufs d'or pour les producteurs privés

Le président du SERT ajoute que ça ne s'arrête pas là puisque d'autres sources d'économies peuvent venir s'ajouter au cours des différentes étapes de réalisation d'une émission de télévision.

"Télé-Québec représente une véritable poule aux oeufs d'or pour les producteurs indépendants. Ce n'est pas surprenant qu'ils veuillent mettre la main dessus avec la complicité du gouvernement Charest. Mais ce n'est certainement pas l'intérêt des Québécoises et des Québécois qui sera servi par une telle privatisation", de dire M. Ouimet.

Une commission d'enquête pour faire le point

A la lumière des informations qui précèdent, le président du SERT réclame la création d'une commission d'enquête, qui aurait pour mandat de suivre la route de l'argent de la production télévisuelle pour que la population soit ainsi en mesure de se faire une opinion juste et éclairée sur la privatisation de Télé-Québec.

"La population a le doit de savoir à qui, comment et combien rapportera la privatisation de Télé-Québec. Ce sont des questions fondamentales qui exigent des réponses claires. Plus de 2 milliards de dollars provenant des fonds publics sont dépensés chaque année dans la production télévisuelle par des producteurs privés dont la gestion reste secrète au grand public. Est-ce normal ? Est-ce acceptable ? Nous répondons NON et nous exigeons du gouvernement du Québec qu'il clarifie la situation avant de confier une plus grande part de la production de la télévision publique entre les mains de producteurs privés", termine M. Philippe Ouimet.

Profil de la CSQ

La CSQ regroupe environ 180 000 membres, dont plus de 125 000 dans le secteur public. Elle est présente dans les secteurs de l'éducation, de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications. Elle représente le Syndicat des employés en radio-télédiffusion de Télé-Québec et l'Association des réalisateurs et réalisatrices de Télé-Québec.


Communiqué envoyé le 21 mai 2006 à 10:00 et diffusé par :