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La tarification du carbone seule ne suffira pas pour permettre au Canada d'atteindre ses cibles de réduction d'émissions de GES



Des billions de dollars d'investissement sont nécessaires pour reverdir notre économie

OTTAWA, le 6 sept. 2017 /CNW/ - Le prix du carbone aidera le Canada à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES), mais ces réductions ne correspondront pas à la cible gouvernementale, qui est de 30 % sous les niveaux de 2005 d'ici 2030, selon un rapport conjoint du Conference Board du Canada et de l'Académie canadienne du génie. Pour réduire considérablement les émissions, il faudra des billions de dollars en dépenses d'investissement dans les infrastructures de production d'énergie propre et des modifications importantes dans la façon dont les Canadiens consomment l'énergie.

«?La tarification du carbone et l'abandon progressif des combustibles fossiles ne suffiront pas pour réduire sensiblement les émissions de GES?», affirme Louis Thériault, vice-président, Stratégie industrielle et politiques publiques, au Conference Board du Canada. «?La technologie et l'innovation joueront un rôle à long terme, mais elles ne pourront pas nous permettre d'atteindre la cible de 2030 étant donné le laps de temps relativement court dont nous disposons pour développer et adopter ces solutions. Comme les investissements requis se chiffrent en billions de dollars, les décideurs politiques doivent informer les Canadiens de l'ampleur des répercussions de cette transformation sur leur vie quotidienne?».

Points saillants

Le rapport intitulé Le prix à payer pour un avenir plus propre traite des effets de la taxation du carbone et des investissements nécessaires pour permettre au Canada de réduire considérablement ses émissions. Il conclut que même si les taxes sur le carbone atteignaient 200 $ la tonne d'ici 2025, cela n'entraînerait qu'une réduction de 1,5 % des émissions de GES, en dehors du secteur de la production d'électricité. D'après l'analyse effectuée, la tarification du carbone ne produira qu'une légère contraction économique. L'adoption d'une taxe sur le carbone se traduira par des augmentations de prix dans tous les secteurs économiques, ce qui réduira le pouvoir d'achat des Canadiens. En supposant que la taxe sur le carbone serait de 80 $ la tonne en 2025, cela représenterait un coût annuel moyen d'environ 2?000 $ pour un ménage canadien. Ce sont les prix du gaz naturel, de l'essence et de l'électricité qui connaîtraient les plus fortes hausses. Les prix finaux à la consommation pour le gaz naturel grimperaient jusqu'à 60 % de plus si le carbone était taxé à 200 $ la tonne.

Par ailleurs, l'imposition de taxes sur le carbone affecterait aussi les investissements des entreprises et le volume des échanges commerciaux au cours de la période prévisionnelle. Les exportations de la plupart des industries diminueraient puisque leur compétitivité serait réduite par la hausse des prix de production. Un dollar canadien plus faible devrait aider les secteurs sensibles aux échanges commerciaux, mais les industries axées sur le marché intérieur qui sont sensibles aux variations de prix, comme la construction résidentielle, seront durement touchées. Les recettes de la taxe carbone renfloueraient considérablement les coffres de l'État, mais ces recettes seront sans doute réinjectées dans l'économie par l'intermédiaire de baisses d'impôt ainsi que d'une hausse des dépenses et des investissements publics. D'ailleurs, c'est l'hypothèse selon laquelle les recettes de la taxe carbone sont réinjectées dans l'économie qui explique en gros la faiblesse de l'incidence globale sur l'économie.

Cette recherche a également quantifié les incidences économiques d'importantes réductions d'émissions de GES. Les estimations des investissements exigés se fondent sur les analyses du Projet Trottier pour l'avenir énergétique, réalisées sous la direction de l'Académie canadienne de génie. Ce projet a établi plusieurs scénarios techniques que le Canada devrait suivre en vue de réduire ses émissions de GES de 30 à 60 % d'ici 2050. Avec une réduction des émissions de 30 % d'ici 2050 par rapport aux niveaux de 1990, nous sommes loin de respecter la cible fixée dans l'Accord de Paris, mais une réduction de 60 % nous rapproche de cet objectif.

Le scénario qui exige le plus d'investissements permet de réduire les émissions de 60 %, mais requiert de nouveaux fonds de l'ordre de 3,4 T$ d'ici 2050. Cela représente environ 100 G$ par an, ou pratiquement la moitié du montant actuel des investissements non résidentiels des entreprises canadiennes. Plus de la moitié de ces investissements serait destinée à la production d'électricité permettant l'électrification de l'économie canadienne.

Comme le Canada se rapproche rapidement de sa capacité économique, l'économie canadienne aurait du mal à absorber ces nouveaux investissements, qui se feraient au détriment des dépenses dans d'autres secteurs de l'économie.

Joignez-vous à Alicia Macdonald, économiste, chef de projet au Conference Board du Canada, et à Douglas Ruth, président de l'Académie canadienne de génie, pour participer à une discussion sur l'avenir du Projet Trottier pour l'avenir énergétique et la présentation des résultats de cette analyse lors d'un webinaire en direct qui se tiendra le vendredi 8 septembre 2017 à 14 h HAE.

Le prix à payer pour un avenir plus propre est publié sous la direction du Centre pour une économie de croissance sobre en carbone du Conference Board du Canada. Dans le cadre du lancement de sa campagne automnale, le centre vise à élaborer une feuille de route pour poursuivre la transition de l'économie et de l'énergie canadiennes.

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SOURCE Le Conference Board du Canada


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Communiqué envoyé le 6 septembre 2017 à 06:00 et diffusé par :