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Pour la réadaptation, contre la répression

LONGUEUIL, QC, le 25 sept. /CNW Telbec/ - Dans le cadre d'une journée scientifique portant sur la rééducation des jeunes contrevenants et sur la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA), cinq groupes d'experts travaillant auprès de ces jeunes ont décidé d'unir leur voix en conférence de presse. Ils ont fait valoir les besoins des jeunes contrevenants et les impacts négatifs des propositions d'un des partis politiques en campagne électorale fédérale.

Prenant la parole au nom des cinq groupes d'experts, Mme Michèle Goyette s'est opposée vivement à la volonté d'établir la dénonciation et la dissuasion de comportements illégaux comme premier objectif de l'imposition des peines. Il s'agit de principes importés du système pénal adulte et transférés au système pénal pour adolescents. Jusqu'à présent, rien ne prouve que des peines plus sévères aient un effet dissuasif tant chez les jeunes que chez les adultes. L'effet véritable de cette avenue ferait en sorte que les adolescents de 14 ans et plus seraient traités de façon similaire aux adultes dérogeant ainsi à l'importance de maintenir un système de justice pénale distinct pour les jeunes de 12 à 18 ans. Rappelons que l'adolescent en développement présente des besoins différents de ceux des adultes et que l'intervention doit ainsi être appropriée dans ce sens.

Il est par ailleurs proposé de rendre public le nom des jeunes de 14 ans et plus reconnus coupables d'infractions violentes. La détermination de l'âge pouvant varier selon les provinces, la législation en vigueur au Québec ferait en sorte que cette loi s'appliquerait aux jeunes de 16 ans et plus. À cet égard, les experts tiennent à ce que soit préservé l'anonymat des jeunes de 14 ans et plus afin de garantir leur réadaptation et leur réinsertion sociale et ainsi, éviter les risques de récidives.

Conscients que l'un des objectifs de la loi concerne la protection du public, les experts sont convaincus que cette protection est davantage assurée par la réadaptation et la réinsertion des jeunes plutôt que par la répression. Ceci est aussi vrai dans les cas de crimes graves. Une étude démontre que des adolescents ayant commis des crimes graves récidivent moins après traitement et de façon moins violente que les jeunes ayant commis des délits contre la propriété.

Seule une intervention qui tienne compte à la fois, du geste délinquant, du sens qu'il représente pour le jeune et de ses besoins particuliers est susceptible de porter fruit. Elle doit reposer sur une évaluation de l'adolescent et de sa situation afin de déterminer la mesure la plus susceptible d'assurer sa réadaptation et, en conséquence, de bien protéger la société.

En étant confronté aux conséquences de son méfait et en développant de nouvelles habiletés sociales au lieu de recourir à un comportement violent ou inadéquat, le jeune peut s'en sortir et apprendre à vivre harmonieusement en société. "Il ne faut pas croire que l'intervention en centre de réadaptation soit du bonbon pour les jeunes qui y sont astreints. Ils sont appelés à se remettre en question quotidiennement, à réfléchir aux conséquences de leurs gestes, à développer des comportements nouveaux qui les prépareront à mieux fonctionner en société. Bref, ils ne font pas juste du temps" a tenu à préciser Michèle Goyette.

Le Québec fait figure de proue à travers le monde et affiche le taux le plus faible de criminalité au Canada. Le modèle québécois de réadaptation a fait ses preuves et a dépassé les frontières. Depuis plusieurs années, des délégations internationales rencontrent les intervenants québécois dans le but d'adapter ce modèle d'intervention dans leur pays.

En terminant, Mme Goyette rappelle au gouvernement que la LSJPA, devait être évaluée au terme de cinq ans, avant d'effectuer des changements majeurs tels que le projet de loi C-25 et les nouvelles propositions. La LSJPA ne doit pas évoluer vers des sanctions plus répressives, mais elle doit permettre que les sanctions soient mieux appliquées, aux bonnes personnes, au bon endroit et au bon moment.

Sujets:
Enfance
Droit / Problèmes légaux

Communiqué envoyé le 2008-09-25 10:15:00 et diffusé par: