Le Lézard

Engagement du premier ministre pour l'éducation - La CSQ rappelle à Jean Charest ses promesses non tenues de 2003



MONTRÉAL, le 7 août /CNW/ -- MONTRÉAL, le 7 août /CNW Telbec/ - La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) trouve curieux d'entendre le premier ministre du Québec, M. Jean Charest, manifester enfin l'intention d'investir des budgets supplémentaires pour les collèges et les universités alors qu'il a eu trois ans pour remplir des promesses semblables et qu'il n'a rien fait.

La 3e vice-présidente de la CSQ, Mme Diane Charlebois, réagit ainsi aux propos tenus hier par le premier ministre Jean Charest devant les jeunes libéraux du Québec réunis en congrès à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Mme Charlebois soutient que l'annonce de M. Charest sent beaucoup plus l'opportunisme politique à la veille d'une campagne électorale, qu'une volonté réelle de passer à l'action.

"Il reste malheureusement bien peu de crédibilité à M. Charest pour prendre de tels engagements puisque nos membres, de même que l'ensemble des Québécoises et des Québécois, se souviennent qu'il avait fait le même type de promesse en 2003 pour se faire élire, promesse qu'il n'a jamais tenue. Il faut se rappeler que lors de la campagne électorale de 2003, c'est le même politicien qui avait promis d'investir 535 millions $ d'argent neuf aux universités, ce qui n'a jamais été fait", de mentionner Mme Diane Charlebois.

Des priorités seulement en période électorale

La 3e vice-présidente de la CSQ trouve curieux que le premier ministre Jean Charest se souvienne qu'il a des priorités en éducation seulement lorsqu'il sent l'approche d'une échéance électorale. "Le premier ministre avait pris des engagements très clairs tant en éducation qu'en santé où il parlait d'injecter un milliard d'argent neuf. Trois ans plus tard, il n'a pas tenu ses promesses et il pousse l'audace jusqu'à vouloir nous faire croire que la prochaine fois sera la bonne. Le moins que l'on puisse dire, c'est que nous sommes très sceptiques", de dire Mme Diane Charlebois.

Une marge de man?uvre sur le dos des travailleuses et travailleurs

du secteur public

Mme Charlebois tient aussi à préciser que s'il est vrai que le gouvernement du Québec dispose maintenant d'une marge de man?uvre pour investir en éducation sans devoir attendre les transferts fédéraux, c'est l'ensemble des travailleuses et des travailleurs du secteur public qui en ont payé le prix.

"Tout au cours de la négociation dans le secteur public, le gouvernement Charest a soutenu qu'il ne disposait d'aucune marge de man?uvre. C'est donc évident que l'argent neuf dont il parle provient des sacrifices qu'il a imposés par décret aux travailleuses et travailleurs du secteur public. Cela aussi, nous ne l'avons pas oublié et nous ne sommes pas prêts de l'oublier", explique Mme Charlebois.

Des élections plus probables que de l'argent neuf

La porte-parole syndicale croit que dans les faits, la déclaration du premier ministre semble beaucoup plus annonciatrice d'élections prochaines que d'argent neuf pour l'éducation postsecondaire. "M. Charest sait très bien que l'éducation et la santé sont des dossiers qui tiennent à c?ur aux Québécoises et aux Québécois et il les utilise à ses fins politiques comme il l'a fait en 2003. Il a eu trois ans pour démontrer sa bonne foi et nous avons vu ce que cela a donné. Le moins que l'on puisse dire, c'est que sa crédibilité n'est certainement plus la même qu'il y a trois ans."

Un engagement qui sentait l'improvisation

Mme Charlebois termine en ajoutant que l'engagement soudain de Jean Charest pour l'éducation est douteux et que l'annonce d'hier ressemblait à de l'improvisation.

"M. Charest n'avance aucun montant ni aucun échéancier. Son propre ministre de l'Éducation, M. Jean-Marc Fournier, a lui-même réagi à l'annonce de son chef en tentant de ne pas créer d'attentes trop élevées à ce sujet. Il est donc très facile de tirer nos propres conclusions quant au sérieux de l'engagement de M. Charest", de conclure Mme Charlebois.


Communiqué envoyé le 7 août 2006 à 16:12 et diffusé par :