Le Lézard

Réunion du Comité permanent des affaires étrangères sur la crise au Proche-Orient - Décevant, estiment Francine Lalonde et Maria Mourani



OTTAWA, le 1er août /CNW/ -- OTTAWA, le 1er août /CNW Telbec/ - "Je voulais que le Comité des affaires étrangères prenne une position claire sur le conflit au Proche-Orient et qu'il amène le gouvernement à prendre une position plus équilibrée. Malheureusement, entre l'opposition systématique des Conservateurs qui ne voulaient pas que le Comité se prononce et la division des Libéraux qui n'arrivaient pas à s'entendre sur le fond du conflit et la politique à adopter, le comité a dû se contenter d'une position minimaliste qui ne demande pas un changement draconien de la politique gouvernementale. Je suis très déçue", a déclaré la porte-parole du Bloc Québécois en matière d'Affaires étrangères et députée de La Pointe-de-l'île, Francine Lalonde, à l'issue de la rencontre du comité.

Le Comité des affaires étrangères était réuni à l'instigation du Bloc Québécois pour discuter de la situation au Proche-Orient. La motion de Francine Lalonde, qui a servi de base de discussion aux parlementaires, établissait un certain nombre de principes et se voulait une indication claire à l'intention du gouvernement :

    <<
        - Respect du droit international et du droit international
          humanitaire;
        - Condamnation des frappes affectant les civils d'une manière
          indiscriminée;
        - Rejet de la politique partiale et mal avisée du gouvernement qui ne
          contribue pas au règlement du conflit;
        - Condamnation de la guerre comme mode de résolution des conflits au
          Proche-Orient et appel à un cessez-le-feu immédiat des deux côtés;
        - Rappel qu'un règlement du conflit israélo-palestinien est
          nécessaire pour apaiser la région;
        - Appel à poursuivre les évacuations, en particulier dans le sud du
          Liban et à les étendre aux résidents permanents;
    >>


"Le comité s'est contenté de demander un cessez-le-feu immédiat des deux côtés. C'est déjà beaucoup. Mais alors que la politique conservatrice mine la capacité du Canada de jouer un rôle constructif, le comité aurait pu et dû faire plus et mieux", a ajouté Francine Lalonde.

Pour sa part, la députée d'Ahuntsic Maria Mourani, qui participait aussi à la réunion, s'est montrée particulièrement choquée que le Comité ne demande pas au gouvernement de poursuivre les évacuations. "Mon bureau est devenu un véritable centre de crise. Je reçois quotidiennement des appels désespérés et déchirants de gens, femmes, enfants et vieillards, coincés sous les bombes au sud du Liban et complètement laissés à eux-mêmes. Ce matin, le ministre des affaires étrangères ne s'est pas engagé à poursuivre les évacuations et cet après-midi le comité ne lui a pas demandé de le faire. Je ne croyais pas le Canada aussi insouciant face à la vie humaine", a-t-elle déclaré.

Le débat sur la motion du Bloc suivait la comparution du ministre des Affaires étrangères Peter Mackay plus tôt dans la journée. Le ministre s'était alors refusé à demander un cessez-le-feu immédiat, préférer y assortir une série de conditions, s'était refusé à condamner les frappes qui affectent d'une manière disproportionnée les civils et était même allé jusqu'à affirmer que si le Canada est sans réserve derrière Israël, c'est qu'il s'agit de la seule démocratie de la région, oubliant que le Liban l'est aussi.

"Je n'attendais du gouvernement qu'il adopte une position susceptible de contribuer à la résolution du conflit. J'espérais cependant que les parlementaires puissent le faire. Les divisions chez les Libéraux, représentatives des divisions au sein de l'opinion publique au Canada anglais, nous en ont empêchées. Le Bloc Québécois s'est retrouvé seul à soutenir un plan de sortie de crise, et je le déplore vivement", a conclu Francine Lalonde.


Communiqué envoyé le 1 août 2006 à 20:37 et diffusé par :