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La lutte contre la crise financière et la récession n'est pas terminée qu'un nouvel ennemi se pointe : l'inflation

Prévisions des économistes du Mouvement des caisses Desjardins

LÉVIS, QC, le 26 juin /CNW Telbec/ - Le Canada est candidat à la récession, l'Ontario y est déjà, mais le Québec devrait y échapper.

Après quatre mois consécutifs de recul, l'économie canadienne est sujette à une récession officielle. Elle n'enregistrera qu'une maigre croissance de 1 % cette année, mais reprendra un peu de tonus en 2009, à 1,8 %. Avec un huard élevé, une économie américaine stagnante et une concurrence internationale féroce, le secteur extérieur est le talon d'Achille de l'économie canadienne, plus particulièrement pour l'Ontario et le Québec.

C'est ce qui ressort des plus récentes prévisions des économistes du Mouvement des caisses Desjardins émises aujourd'hui.

Très dépendante de ses échanges avec les États-Unis, l'Ontario souffre d'une surexposition aux problèmes structurels et conjoncturels des constructeurs automobiles américains. "Il paraît maintenant évident que l'Ontario traverse une phase de récession, quoique légère. On s'attend à ce que la croissance économique n'y atteigne que 0,5 % en 2008, pour reprendre son élan en 2009, à 1,3 %", a déclaré le vice-président et économiste en chef du Mouvement des caisses Desjardins, M. François Dupuis.

Au Québec, estiment les économistes de Desjardins, les baisses d'impôts et de taxes ainsi que les investissements en infrastructures sont arrivés au bon moment pour soutenir la croissance économique. Le PIB y croîtra au même rythme qu'au Canada pour 2008 et légèrement en dessous pour 2009, à 1,7 %. "La forte concentration de l'industrie aéronautique canadienne dans la province constitue un atout. Pour éviter la récession, le consommateur devra tenir le coup, malgré l'impact de la hausse vertigineuse des prix de l'essence", fait valoir le directeur et économiste en chef adjoint du Mouvement des caisses Desjardins, M. Yves St-Maurice.

Une croissance mise à risque par l'inflation

Les prix du pétrole font beaucoup jaser, surtout aux États-Unis où la hausse des prix de l'essence a été amplifiée par la faiblesse du dollar. L'impact y est si important que les rabais d'impôts consentis par le plan de stimulation économique risquent d'être en bonne partie utilisés pour suppléer à l'augmentation des prix de l'énergie. La croissance du PIB réel sera de 1,2 % pour 2008, mais elle a dû être abaissée de 1,9 % à 1,3 % pour l'an prochain. Selon les économistes de Desjardins, le déséquilibre du marché immobilier prendra plus de temps à se résorber, et la confiance des consommateurs, actuellement à un creux historique, restera fragile.

Sur la scène mondiale, l'économie ressentira les effets du ralentissement américain, l'impact du resserrement des conditions de crédit, de la chute de la confiance des consommateurs et de la hausse des prix du pétrole et des denrées alimentaires. Après une croissance du PIB réel mondial de près de 5 % en 2007, un important ralentissement à 3,7 % est anticipé pour 2008 et 2009.

La fin des baisses de taux

Bien qu'ils constatent que la crise financière mondiale a fait des ravages, les économistes de Desjardins estiment que la situation est plus calme maintenant. Mais au moment où l'on croyait profiter d'une période de répit, le spectre de l'inflation resurgit et vient hanter les autorités monétaires. Une autre bataille se dessine.

Devant la crainte de voir l'inflation s'ancrer dans l'économie et le risque que les anticipations inflationnistes prennent une tangente durable à la hausse, le mot d'ordre général des banques centrales est de ne pas mettre de l'huile sur le feu en abaissant davantage les taux d'intérêt. "Cela confirme que la stabilité des prix constitue la priorité numéro un des banques centrales", constate M. St-Maurice.

Pour l'instant, celles-ci considèrent que la prévention demeure la meilleure intervention possible. Le statu quo, au cours des prochains mois, paraît plus probable que des hausses de taux, comme on l'entend parfois sur la place publique. La Banque centrale européenne (BCE) ferait exception avec une seule hausse de 25 points de base en juillet.

De son côté, la Banque du Canada a décidé, le 10 juin dernier, d'emboîter le pas à la tendance en maintenant, à la surprise générale, son taux directeur à 3,0 %. Les économistes de Desjardins croient que le statu quo de la politique monétaire devrait se poursuivre tout au long de 2008, maintenant les taux hypothécaires tout près de leur niveau actuel.

Le prix du baril du pétrole devrait redescendre sous les 100 $ US

La bulle pourrait éclater sans prévenir, mais le scénario d'un retour graduel vers des prix du brut basés sur la théorie de l'offre et de la demande s'avère plus probable. Selon cette hypothèse, le prix du baril devrait retourner sous les 100 $ US au début de 2009. Selon les économistes de Desjardins, ce repli des prix du pétrole, combiné à un billet vert plus stable, permettra au dollar canadien de ne pas s'emballer, mais plutôt d'osciller dans une fourchette allant de 0,95 $ US à 1,05 $ US d'ici la fin de l'an prochain.

"En 2008, nous prévoyons que le S&P/TSX terminera l'année avec une croissance aux alentours de 5 %. Nous devons donc nous attendre à un repli de l'indice d'ici la fin de l'année, conséquence de la baisse anticipée des prix du pétrole et des matières premières. Pour 2009, les gains prévus sont de 6 % et nous risquons alors d'être confrontés à une importante volatilité", d'ajouter M. Dupuis.

En conclusion, les économistes du Mouvement Desjardins croient que la poussée des prix du pétrole brut et des céréales constitue le risque le plus sérieux actuellement sur l'économie mondiale, surtout dans le contexte actuel où l'économie est déjà affaiblie par plusieurs chocs concomitants.

À propos de Desjardins

Plus important groupe financier intégré de nature coopérative au Canada, avec un actif global de près de 150 milliards de dollars au 31 mars 2008, le Mouvement des caisses Desjardins regroupe un réseau de caisses, credit unions et centres financiers aux entreprises au Québec et en Ontario, de même qu'une vingtaine de sociétés filiales en assurances de personnes et de dommages, en valeurs mobilières, en capital de risque et en gestion d'actifs, dont plusieurs sont actives à l'échelle du pays. S'appuyant sur la compétence de ses 40 000 employés et l'engagement de plus de 6 500 dirigeants élus, Desjardins met à la disposition de ses 5,8 millions de membres et ses clients, particuliers et entreprises, une gamme complète de produits et services financiers. Son réseau de distribution physique est complété par des modes d'accès virtuel à la fine pointe de la technologie. Pour en savoir plus, consultez le site www.desjardins.com.
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Communiqué envoyé le 2008-06-26 09:55:00 et diffusé par: