Le Lézard

Chine - La Chine fête les 40 ans de sa révolution culturelle dans la censure et la répression



MONTRÉAL, le 16 mai /CNW/ -- L'organisation dénonce la condamnation d'un cyberdissident à douze ans de

prison et proteste contre la fermeture d'un site réalisant des sondages

politiques

MONTRÉAL, le 16 mai /CNW Telbec/ - Yang Tianshui a été condamné, le 16 mai 2006, à douze ans de prison, notamment pour avoir publié des articles antigouvernementaux sur Internet. Par ailleurs, un site publiant et réalisant des sondages politiques avait été fermé la semaine précédente après avoir invité ses visiteurs à répondre à une question concernant le massacre de la place Tiananmen, en juin 1989.

Reporters sans frontières considère que la peine de prison infligée à Yang Tianshui est absolument injustifiée. "Nous estimons que l'arrestation et le procès du cyberdissident n'ont pas respecté la loi chinoise. Yang Tianshui a été arrêté sans mandat d'arrêt par des agents en civil du Bureau de la sécurité, et son procès a été expédié en trois heures", s'est insurgée l'organisation.

Reporters sans frontières condamne également la fermeture du site Sondages (Zhongguo guoqing zixun - http://www.s007s.com). L'organisation affirme que les autorités ont enfreint leur propre législation en fermant ce site, qui ne faisait que rendre compte de l'opinion publique sur des sujets politiques. Elle regrette enfin que "la Chine fête le 40e anniversaire de sa Révolution culturelle en censurant Internet et en réprimant les démocrates".

Yang Tianshui avait publié de très nombreux articles sur Internet, notamment dans la version chinoise du quotidien Epoch Times, édité à l'étranger. Il avait, par exemple, évoqué les tortures que subissent les défenseurs des droits de l'homme et la protection apportée par les autorités à certains criminels. Également connu sous le nom de Yang Tongyan, le cyberdissident avait déjà purgé une peine de dix ans de prison entre 1990 et 2000 pour "crimes contre-révolutionnaires". Arrêté de nouveau le 24 décembre 2004 à Hangzhou (province du Zhejiang, dans le sud-est du pays), il était resté plusieurs semaines en détention sans pouvoir donner de nouvelles à sa famille.

Sondages est un site dûment enregistré, donc tout à fait légal. Le sondage ayant causé sa fermeture portait sur la récente annonce qu'une indemnité avait été versée à la famille d'un étudiant tué lors des massacres de Tiananmen. Les internautes étaient ainsi invités à se prononcer sur la question suivante : "La famille d'une victime de Tiananmen est indemnisée pour la première fois, quelle est votre impression ?" Deux réponses étaient proposées : "Une affaire d'indemnisation ordinaire, rien de très intéressant" ou "Un premier pas vers la réhabilitation de l'histoire chinoise, une affaire sans précédent !" En quelques jours, le sondage avait recueilli plusieurs milliers d'avis. Plus de 70% des internautes avaient répondu : "une affaire sans précédent".

Le site a été fermé une première fois le 8 mai. Les webmestres ont alors contacté leur hébergeur qui a déclaré : "L'ordre vient d'en haut. Sondages est un site politique jugé dangereux. On ne peut donc plus en permettre l'accès." Après deux jours de négociations, ils ont finalement obtenu l'autorisation de remettre leur site en ligne, à condition toutefois de revoir son contenu.

Les webmestres ont malgré tout choisi de poursuivre leur sondage sur l'indemnisation des familles de victimes de Tiananmen. Le 11 mai à 10 heures du matin, soit moins de 24 heures après sa remise en ligne, Sondages a été de nouveau rendu inaccessible. Les autorités, cette fois, ont également fermé les deux blogs (http://s007s.blog.163.com et http://www.z007z.blog.163.com) qui permettaient au site de recueillir les votes des internautes.

C'est la sixième fois, depuis sa création, en novembre 2005, que Sondages est fermé.

Cette affaire rappelle celle de la fermeture, en février 2000, du site www.64tianwang.com qui diffusait les avis de recherche des personnes disparues lors du massacre de la place Tiananmen. Son webmestre, Huang Qi, avait été arrêté le 3 juin 2000 et s'était vu infliger une peine de cinq ans de prison.

Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans le monde. L'organisation compte neuf sections nationales (Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Espagne, France, Italie, Suède et Suisse), des représentations à Bangkok, Londres, New York, Tokyo et Washington, et plus de 120 correspondants dans le monde.


Communiqué envoyé le 16 mai 2006 à 17:07 et diffusé par :