Le Lézard

Décès d'un observateur canadien au sud du Liban - Le Bloc québécois dénonce l'attitude passive du gouvernement Harper qui se refuse à demander des comptes à Israël



OTTAWA, le 26 juillet /CNW/ -- OTTAWA, le 26 juillet /CNW Telbec/ - La porte-parole du Bloc Québécois en matière d'Affaires étrangères, et députée de La Pointe-de-l'Île, Francine Lalonde, dénonce le silence et l'attitude passive de Stephen Harper qui ne réagit pas à l'annonce du décès d'un observateur canadien membre de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) à la suite d'un bombardement israélien, hier mardi.

"Il est inacceptable qu'on prenne comme cible une mission de l'ONU. Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan a vivement dénoncé cette attaque alors même que le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, l'avait assuré personnellement que les positions des Nations Unies seraient épargnées par les tirs israéliens. Tous les pays ayant perdu des casques bleus l'ont fait, sauf le Canada. Il y a une limite à se faire dicter sa politique étrangère par Washington, et lorsqu'un Canadien perd la vie ainsi, il est clair que Stephen Harper a franchi cette limite", a affirmé Francine Lalonde.

Soulignant que ce drame démontre une fois de plus la nécessité d'obtenir un cessez-le-feu immédiat, la porte-parole du Bloc Québécois demande donc à Stephen Harper de réviser immédiatement sa position et de faire savoir le mécontentement du Canada au regard de la manière qu'Israël mène ses opérations militaires au Liban. Elle ajoute que le premier ministre du Canada doit, du même souffle, exiger des explications et des excuses de la part de son homologue israélien et obtenir l'engagement ferme que plus jamais tel acte ne se répète.

Le Comité permanent des affaires étrangères est convoqué d'urgence dès

lundi prochain

Par ailleurs, Francine Lalonde se réjouit de l'appui des deux autres partis d'opposition à sa demande de convocation d'urgence du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international afin de déterminer le rôle que doit jouer le Canada dans le conflit armé qui déchire la région. Elle y voit, dans la foulée du décès de l'observateur canadien de la FINUL, une occasion de plus pour amener le gouvernement à rendre des comptes aux représentants de la Chambre des communes.

C'est ainsi qu'à la suite des démarches du Bloc Québécois auprès du président du comité, celui-ci se réunira dès lundi prochain.

"De nombreux observateurs et représentants de la société ont à maintes occasions qualifié de cafouillage indescriptible la gestion par le gouvernement Harper du rapatriement des ressortissants canadiens retenus au Liban. Avec les rumeurs voulant que le gouvernement fédéral mette fin aux mesures d'évacuation, il était donc grandement temps que les responsables du Parlement puissent se réunir et convenir de la marche à suivre afin de s'assurer que tous les ressortissants canadiens qui désirent quitter le Liban puissent le faire rapidement et en toute sécurité", a déclaré Francine Lalonde.

Francine Lalonde et sa collègue porte-parole pour l'Asie-Pacifique, et députée de Terrebonne-Blainville, Diane Bourgeois, voudraient qu'au terme de ses travaux le comité permanent de la Chambre produise un rapport qui portera notamment sur les trois sujets suivants, à savoir :

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    - L'évaluation de la capacité logistique du gouvernement canadien et
      celle des problèmes liés au déploiement et au calendrier d'application
      des mesures d'évacuation des citoyens canadiens du Liban;
    - L'état des besoins de la population libanaise que Médecins sans
      frontière et la Croix-Rouge internationale estiment immenses au vu
      de la crise humanitaire;
    - La contribution du Canada à la recherche d'un règlement à la crise,
      notamment en revenant à sa traditionnelle position de neutralité.
      Celle-ci lui a permis par le passé de jouer un rôle d'intermédiaire
      respecté dans le conflit au Proche-Orient et de contribuer à la
      relance du processus de paix.
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Francine Lalonde tient à remercier ses collègues Alexa McDonough du NPD et Bernard Patry du PLC pour leur appui à la demande de convocation du comité par le Bloc Québécois.

Les mesures d'évacuation ne peuvent se terminer sans le rapatriement des

résidents permanents

La députée de La Pointe-de-l'Île profite de l'occasion pour relancer l'appel lancé par sa collègue, Melli Faille, porte-parole en matière de Citoyenneté et d'Immigration, au sujet du statut des résidents permanents libanais au Canada. Rappelons qu'à la suite de la décision prise par Stephen Harper, les résidents permanents n'ont plus droit à la protection offerte par la Charte des droits et libertés.

"Stephen Harper a créé un dangereux précédant en considérant que les résidents permanents n'ont pas les mêmes droits en vertu de la charte. Il crée ainsi, à toutes fins pratiques, une catégorie d'individus avec un statut civil précaire et cela ouvre la porte à l'interprétation des droits de ces personnes qui vivent légalement sur le territoire canadien. Jusqu'à aujourd'hui, aucun politicien au Canada n'avait fait cette distinction face à la charte. C'est dangereux et tout à fait inacceptable", a affirmé Francine Lalonde qui ajoute : "On annonce que l'évacuation des ressortissants serait terminée demain, il faut absolument s'assurer que tous ceux qui veulent quitter le Liban puissent le faire, et cela doit nécessairement inclure les résidents permanents."

"En plus d'avoir l'obligation politique et morale de voir à la sécurité de tous ses ressortissants, le Canada peut et doit faire partie de la solution pacifique au Proche-Orient. C'est donc la raison pour laquelle j'ai demandé la convocation du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international, et ce afin que le Parlement reprenne les choses en mains à défaut de voir le gouvernement Harper assurer ses responsabilités et agir en toute justice et légalité", a conclu Francine Lalonde.


Communiqué envoyé le 26 juillet 2006 à 13:22 et diffusé par :