Le Lézard

Réunion du Conseil de la fédération - Jean Charest doit privilégier les points d'impôt plutôt que la péréquation



MONTRÉAL, le 25 juillet /CNW/ -- MONTRÉAL, le 25 juillet /CNW Telbec/ - En prévision de la rencontre du Conseil de la fédération qui débute demain à Terre-Neuve, le chef du Parti Québécois, André Boisclair, invite le premier ministre du Québec à faire preuve de leadership et à tenter d'obtenir un consensus des provinces en faveur du transfert de points d'impôt, plutôt que de la réforme de la péréquation.

"Depuis quelques mois, Jean Charest semble mettre tous ses ?ufs dans le panier de la péréquation, au point où on ne l'entend plus parler de transfert de points d'impôt, a souligné M. Boisclair. Aujourd'hui, je souhaite dénoncer vigoureusement le virage historique qu'a pris Jean Charest en abandonnant cette revendication traditionnelle du Québec et de son propre parti."

Lors d'un point de presse, le chef du Parti Québécois a rappelé que le transfert de points d'impôt avait été défendu par les libéraux à la Commission Séguin et qu'il avait été intégré dans la politique constitutionnelle dévoilée en 2001 ainsi que dans le programme du Parti conservateur à l'époque où Jean Charest en était chef.

"Que s'est-il passé ? Il faudrait demander à M. Charest pourquoi la péréquation est tout à coup devenue plus importante que les points d'impôt. Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, c'est plus important de se placer en position de dépendance face à un programme du fédéral, de se placer à la merci des décisions unilatérales du fédéral qui déstabilisent la planification budgétaire du gouvernement du Québec, que de disposer de nos propres moyens financiers ?", a demandé M. Boisclair.

M. Boisclair a également dénoncé la stratégie de Jean Charest qui refuse de confirmer le montant qu'il entend réclamer du gouvernement fédéral pour régler le déséquilibre fiscal. Selon lui, Jean Charest maintient délibérément les Québécois dans le noir pour applaudir au moindre dollar obtenu et se déclarer éventuellement satisfait de n'importe quelle entente.

"Pendant ce temps, M. Harper a le beau jeu. Quand il aura dépensé tous ses surplus, entre autres en achats militaires, il va mettre un montant sur la table et il va dire, comme le ministre Flaherty a commencé à l'affirmer, que c'est tout ce qu'il peut donner, qu'il n'a plus d'argent, que c'est à prendre ou à laisser. Et comme Jean Charest n'aura jamais chiffré ses demandes, il ne pourra pas se plaindre. Il va accepter l'entente coûte que coûte", a poursuivi M. Boisclair.

De son côté, le Parti Québécois réitère que le déséquilibre fiscal se chiffre à 3,9 milliards $, montant d'ailleurs inscrit dans le rapport publié en mars dernier par le Conseil de la fédération. Selon M. Boisclair, ce montant constitue toutefois un minimum absolu, car il ne tient pas compte des 328 millions $ que le Québec devait recevoir pour la lutte aux gaz à effet de serre, des 807 millions $ de l'entente sur les garderies, des 310 millions $ de l'assurance parentale ou encore du déficit lié au programme de subvention en agriculture qui coûte 370 millions $ au Québec. Donc, selon l'évaluation du Parti Québécois, la facture totale pour le Québec s'élève actuellement à 5,7 milliards $.

Enfin, selon le chef du Parti Québécois, la réunion de cette semaine révèle à quel point Jean Charest s'est piégé lui-même en créant le Conseil de la Fédération. "Au lieu de négocier directement avec le gouvernement fédéral, il s'oblige plutôt à négocier avec les dix autres provinces pour trouver une solution qui plaise à tout le monde, même si le Québec a des intérêts qui lui sont propres. Il laisse ainsi Stephen Harper libre de dire qu'il ne peut rien faire, parce qu'il n'y a pas de consensus entre les provinces", a-t-il souligné.


Communiqué envoyé le 25 juillet 2006 à 14:38 et diffusé par :