Le Lézard

Les groupes de victimes et de sécurité publique promettent de se battre face aux plans conservateurs pour éliminer le contrôle des armes à feu



OTTAWA, le 16 mai /CNW/ -- OTTAWA, le 16 mai /CNW Telbec/ - Bien qu'elle critique les pratiques du passé, la vérificatrice-générale du Canada a confirmé que le système de contrôle d'armes à feu fonctionne maintenant bien. Le gouvernement conservateur vient d'annoncer son plan pour démanteler ce système. Les règlements concernant le renouvellement des permis et l'enregistrement des armes longues ne seront plus obligatoires. Comme résultat, seules les armes prohibées, (principalement les armes de poing et les armes militaires) seront comptées.

Le rapport de la vérificatrice-générale Sheila Fraser dit que, bien qu'il y ait eu des dépenses plus grandes que prévues dans la mise en place du registre et du système de permis au cours des dernières années, ces coûts sont maintenant sous contrôle et le système est maintenant bien administré. "Il ne s'agit pas des coûts, le système fonctionne maintenant pour 80 millions $ par année. De ce montant, seulement 10 millions $ sont dépensés pour enregistrer les armes longues."

Wendy Cukier, présidente de la Coalition pour le contrôle des armes à feu a dit : "En dépit de leur promesse de s'attaquer au crime, ce gouvernement a ignoré les arguments des policiers, des victimes, des experts en santé publique et en violence conjugale. Les policiers nous ont confirmé que le registre est un outil efficace de prévention du crime. Bien qu'il soit trop tôt pour analyser les résultats concrets de la loi, nous savons que des contrôles plus sévères sauvent des vies. Depuis que la Loi sur les armes à feu a été adoptée, en 1995, en moyenne 333 Canadiens de moins, sont tués à chaque année avec des armes à feu. C'est aussi faux de croire que seules les armes de poing sont un problème - une arme longue dans les mauvaises mains, peut être tout aussi dangereuse."

Ces propos furent appuyés par les leaders de la communauté policière, incluant Jack Ewatski, Chef du Service de Police de Winnipeg, et Armand Labarge, président de l'Association canadienne des Chefs de Police. Ces deux groupes ont réaffirmé qu'ils appuient la loi. Les policiers utilisent la base de données 5000 fois par jour et celle-ci est essentielle comme outil de prévention et pour combattre le trafic illégal d'armes à feu. L'Association canadienne de police professionelle a aussi noté que près de la moitié des policiers tués par arme à feu au cours des dernières années l'ont été par arme longue. Six enquêtes, dont cinq en Ontario, ont recommandé un système d'octroi de permis pour tous les propriétaires et l'enregistrement pour toutes les armes à feu.

Le procureur général de l'Ontario, Michael Bryant, s'oppose à toute action visant à démanteler le registre fédéral d'armes à feu. "Nous savons que des contrôles sur les armes légales aident les policiers à combattre le trafic illégal d'armes à feu. Bryant a ajouté, je suis opposé au plan du gouvernement fédéral pour affaiblir le registre des armes à feu. Le gouvernement de l'Ontario appuie ses policiers qui demandent qu'un registre fort soit maintenu comme outil efficace pour combattre le crime."

"Ce gouvernement adresse les volontés d'une minorité qui utilise tout son poids pour démanteler cette loi, a dit Cukier. Sans aucun doute, c'est une victoire pour le lobby pro-armes et ses ressources, qui n'arrêteront pas jusqu'à ce que la loi soit démantelée. Ils ont réussi aux États-Unis et s'attaquent au Canada. Pourtant, les sondages démontrent que les Canadiens veulent davantage de contrôles. Ce gouvernement rend aujourd'hui plus facile pour tout criminel de se procurer une arme à feu."

La Coalition pour le contrôle des armes à feu est une alliance de près de 300 organisations incluant des groupes de policiers, de santé publique et de prévention de suicide et de violence conjugale.


Communiqué envoyé le 16 mai 2006 à 15:08 et diffusé par :