Le Lézard

Le gouvernement Charest musèle les garderies au détriment de la qualité, de l'accessibilité et de la flexibilité des services de garde



MONTRÉAL, le 20 juillet /CNW/ -- MONTRÉAL, le 20 juillet /CNW Telbec/ - L'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) appuie et partage l'engagement du gouvernement d'assurer l'accessibilité, l'universalité et la qualité des services de garde éducatifs à l'enfance mais redoute que l'adoption des règlements sur la contribution réduite et sur les services de garde éducatifs à l'enfance ne pave en fait la voie à une hausse prochaine de la contribution parentale qui se situe actuellement à $7 par jour par enfant.

Le Règlement sur la contribution réduite, tel qu'adopté hier, limite non seulement les activités pour lesquelles des frais supplémentaires peuvent être demandés aux parents mais également l'étendue des services auxquels donne accès la contribution de $7. Dorénavant, la contribution donnera accès à une période de garde de 10 heures par jour, aux collations et à un repas, de même qu'à un programme éducatif de base et tout le matériel nécessaire à son application. "Voilà à nouveau une belle promesse vide de ce gouvernement" indique M. Sylvain Lévesque, Président de l'AGPQ. "On promet aux parents qu'ils recevront des services de garde éducatifs de qualité à un coût de $7 par jour sans que ne soient injectées les ressources nécessaires pour assurer à la fois l'accessibilité et la qualité des services de garde sur le terrain et être en mesure de répondre aux besoins réels des parents. Le fait est qu'il existe un écart de financement important, qui est reconnu par le gouvernement, entre le réseau public et le réseau privé; un écart qui, tant qu'il ne sera pas réduit à un niveau équitable, aura pour effet de niveler vers le bas la qualité d'ensemble des services offerts par le réseau privé."

À titre d'exemple, une garderie qui actuellement reste ouverte pendant 11 ou 12 heures afin d'accommoder les parents travaillant de 9 à 5, doit défrayer des frais supplémentaires sous forme de salaires pour assurer la présence du nombre d'éducatrices qualifiées durant cette période. La mise en ?uvre des règlements sous leur forme actuelle aura-t-elle pour effet d'inciter la garderie à maintenir cette flexibilité fort appréciée des parents ou bien à réduire ses heures d'ouvertures faute de moyens? Il en va de même des cours de danse, de musique et autres qui sont fort prisés par les parents et les enfants, mais qui ne font pas partie intégrante du programme éducatif de base et qui doivent maintenant se donner en dehors des heures d'activités pour lesquelles la garderie reçoit une subvention. Cette garderie peut-elle encore se permettre d'offrir ces cours? Est-il dans l'intérêt de l'enfant d'allonger davantage le temps passé dans une garderie éducative pour qu'il puisse prendre part à des activités enrichissantes supplémentaires?

"Pour nous, il est impératif que tous les enfants du Québec aient accès à la même qualité de services quel que soit le type de service de garde choisi par leurs parents. Par conséquent, l'AGPQ juge important, au nom de la qualité et pour assurer l'universalité, de demander au gouvernement de revoir l'écart de financement entre les CPE et les garderies privées. D'autant plus que, avec les mêmes règlements, l'accroissement marqué du niveau de qualification du personnel et une infrastructure comparable aux CPE, rien ne justifie un écart de plus de $140 000 entre une garderie et un CPE comprenant 80 places à contribution réduite. Il ne revient pas aux parents de combler cet écart de financement. Nous nous opposons à toute hausse de la contribution parentale actuelle que pourrait envisager le gouvernement et l'invitons plutôt à assumer pleinement ses responsabilités et ses engagements", conclut M. Lévesque.


Communiqué envoyé le 20 juillet 2006 à 15:57 et diffusé par :