Le Lézard

Somalie - Informer dans l'anarchie : Reporters sans frontières et la NUSOJ rendent hommage aux journalistes de Mogadiscio



MONTRÉAL, le 16 mai /CNW/ -- MONTRÉAL, le 16 mai /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières et son organisation partenaire en Somalie, l'Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), rendent hommage aux journalistes travaillant dans les conditions difficiles imposées à la presse à Mogadiscio, alors que de féroces combats entre deux factions ont lieu dans la capitale.

Reporters sans frontières et son organisation partenaire en Somalie, l'Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), rendent hommage aux journalistes travaillant dans les conditions difficiles imposées à la presse à Mogadiscio, alors que de féroces combats entre deux factions ont lieu dans la capitale.

Face aux nombreux problèmes rencontrés par les professionnels des médias dans cette situation, Reporters sans frontières et la NUSOJ formulent des recommandations communes aux journalistes de Mogadiscio. Les deux organisations recommandent de :

- Donner la priorité à la couverture del'opinion des civils habitant

Mogadiscio plutôt qu'à celle des chefs des factions belligérantes ;

- Eviter de focaliser la couverture des événements sur les

seuls combats entre belligérants, mais s'intéresser aussi aux

effets des combats sur les différents secteurs de la société ;

- S'interdire de publier de fausses informations ;

- Nommer les groupes en conflit de la manière dont ils se nomment et

s'interdire d'y adjoindre des qualificatifs tendancieux ;

- Ne rendre compte de l'évolution positive ou négative des combats

qu'en citant des sources précises, en évitant de laisser penser qu'il

s'agit du point de vue du journaliste ;

- Utiliser des mots précis pour rendre compte des drames ;

- Privilégier une couverture équilibrée des tous les points de vue

politiques.

"L'influence des combats sur l'indispensable indépendance avec laquelle les médias doivent rendre compte des événements est inquiétante, ont déclaré Reporters sans frontières et la NUSOJ. Les journalistes dans les zones de conflit sont fréquemment traités en ennemis ou en serviteurs des belligérants, du fait que leur métier consiste à rendre compte de la réalité de la situation. Nous en appelons avec force aux groupes qui s'affrontent à Mogadiscio, afin qu'ils respectent le droit des populations civiles à vivre sans craindre la violence, et notamment celui des journalistes à faire leur métier en toute impartialité."

Aujourd'hui à Mogadiscio, sept stations de radio émettant en FM et au moins quatre journaux s'efforcent d'offrir une couverture indépendante des hostilités. Toutefois, face aux combats, les problèmes rencontrés par les journalistes sont nombreux. En Somalie, les violations du droit des journalistes sont courantes et les agresseurs bénéficient d'une impunité totale. De nombreux journalistes locaux refusent de couvrir le conflit, étant donné l'immense risque encouru d'être traqué ou tué par des belligérants qui n'hésiteraient pas à leur interdire de rapporter des informations embarrassantes.

Le manque de personnel, l'impossibilité de se déplacer ou le coût croissant du matériel empêchent plusieurs journaux d'être imprimés régulièrement. Le refus des vendeurs de rue de circuler dans les rues tenues par les miliciens a des conséquences graves sur la diffusion des journaux. Les carrefours qui servaient autrefois de points de vente ont été transformés en check-points tenus par des hommes lourdement armés. Pendant les récents combats, une mine antipersonnel avait été enterrée sur le chemin menant aux bureaux de la NUSOJ. Celle-ci a finalement été retirée sans avoir provoqué de dégâts.

Les journalistes de Mogadiscio ne rendent pas compte correctement des combats, de peur d'être pris pour cible. D'autre part, la plupart d'entre eux ne disposent pas des informations de fond susceptibles d'expliquer la genèse et la fin d'un conflit, ce qui les empêche d'avoir une vision complète des événements pendant les périodes de violence. Malgré tout, durant les récents combats, la plupart des médias se sont efforcés de recueillir les points de vue de citoyens ordinaires opposés à l'usage de la violence.

Parallèlement, quelques journalistes ont été sollicités par les factions belligérantes pour diffuser de fausses informations, de manière à servir leur agenda politique. Les sommes proposées aux journalistes vont de 50 à 500 dollars (environ 64 à 640 euros).

De leur côté, les habitants de Mogadiscio ont cherché à quitter la ville ou à se mettre à l'abri des combats. Comme eux, les journalistes qui vivent ou travaillent dans les quartiers nord ou est de la capitale sont particulièrement exposés aux violences et doivent faire face à de nombreuses difficultés. Comme eux, ils doivent protéger et nourrir leurs familles ou trouver le moyen de les évacuer hors de la ville si la situation empire.

Omar Faruk Osman, le chef de notre organisation partenaire en Somalie, le syndicat national des journalistes somaliens (NUSOJ, National Union of Somali Journalists), lauréat du prix RSF-Fondation de France 2005 catégorie défenseurs de la liberté de la presse,est actuellement au Canada. Pour entrer en contact avec lui s'il vous plaît contacter:

Emily Jacquard

Responsable de la section canadienne

Reporters sans frontières

1000 Fullum

Montréal, QC H2K 3L7

rsfcanada@rsf.org

(514) 521 4111

Cell: (514) 258 4208

Fax: (514) 521 7771

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Communiqué envoyé le 16 mai 2006 à 11:50 et diffusé par :