Le Lézard

Affaire Boisclair : mise au point de Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute et de la Fondation Émergence - La communauté gaie doit dénoncer les attaques homophobes



MONTRÉAL, le 16 mai /CNW/ -- MONTRÉAL, le 16 mai /CNW Telbec/ - Au cours des derniers jours, l'actualité a fait grand état de l'orientation sexuelle de monsieur André Boisclair, chef du Parti québécois. On se rappellera que, lors du conseil général de l'ADQ, le président de cette formation, monsieur Yvon Picotte, avait "dans un élan d'émotivité", tenu des propos insidieux. Même s'il n'a pas parlé ouvertement de l'orientation homosexuelle de monsieur Boisclair, tous ont compris l'allusion. Il a présenté des excuses, et André Boisclair les a acceptées.

Quelques jours plus tard, le professeur Robert Bernier, de l'École nationale d'administration publique, faisait état de travaux de recherche voulant que l'homosexualité d'André Boisclair soit mal perçue en région. Monsieur Robert Dutrisac, du journal Le Devoir, en a fait état et a invité des représentants de la communauté gaie à commenter la question. Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute et de la Fondation Émergence, a été une des personnes invitées à donner son opinion.

"En raison de son orientation sexuelle", tient à préciser Laurent McCutcheon, "monsieur André Boisclair est devenu une cible facile pour les homophobes. Il est le chef d'un parti politique et il n'a pas à devenir un militant gai, ce n'est pas son rôle. Il importe de distinguer entre la vie privée et la vie publique d'un homme politique. L'orientation sexuelle de monsieur Boisclair est devenue une affaire publique le jour où il l'a lui-même dévoilée. Quant à sa vie privée, elle lui appartient et il faut la respecter."

En leur qualité de représentants de la population, les personnalités politiques créent des attentes. Ce qu'elles incarnent leur donne certaines obligations morales. À titre d'exemples, une femme chef de parti politique aura l'obligation morale de condamner les propos misogynes, un chef de parti issu d'une communauté culturelle aura l'obligation morale de dénoncer les attaques racistes, un chef issu de la communauté juive aura l'obligation morale de dénoncer les propos antisémites, etc. De même, un chef politique homosexuel qui dénoncera les propos homophobes obtiendra le soutien de sa communauté et de tous ceux et celles qui condamnent la discrimination sous toutes ses formes.

"Dans un contexte où l'homophobie est toujours présente, il faut comprendre que le rôle de leader de monsieur Boisclair n'est pas facile. Il a besoin d'être épaulé et encouragé. Je remercie monsieur Boisclair d'avoir réitéré son désir de travailler aux côtés des communautés gaie et lesbienne : "Comme personne, comme chef de parti, comme homme gai, c'est un défi. Dans ce contexte, les leaders de la communauté vont trouver en moi un puissant allié."(La Presse, dimanche 14 mai, Hugo De Grandpré). Monsieur Boisclair suscite beaucoup d'attentes et d'espoirs dans les communautés gaie et lesbienne. Ces attentes doivent toutefois demeurer raisonnables. Il est un leader politique et il n'a pas à devenir un leader gai. La communauté gaie ne doit pas demander à André Boisclair davantage qu'elle ne le ferait pour tout autre chef politique. Monsieur Boisclair s'est montré courageux en dévoilant publiquement son orientation sexuelle et il est devenu un symbole pour toute une communauté. Il est en droit de compter sur les gais et les lesbiennes pour l'épauler." de conclure monsieur McCutcheon.


Communiqué envoyé le 16 mai 2006 à 11:07 et diffusé par :