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L'Asie change la donne de la performance économique mondiale, selon l'économiste en chef de la Banque Scotia



TORONTO, le 18 juillet /CNW/ -- TORONTO, le 18 juillet /CNW/ - Un bouleversement comparable à une secousse sismique ébranle le paysage économique mondial depuis le milieu des années 90, selon le dernier rapport Perspectives mondiales, d'Études économiques Scotia, intitulé Trading Places (Echanges).

"Les nations émergentes et nouvellement industrialisées d'Asie - l'Asie à l'exclusion du Japon - comptent maintenant pour 30 pour cent du produit intérieur brut (PIB) mondial alors que les pays du G7 en représentent 41 pour cent, une diminution de six points de pourcentage par rapport à il y a 10 ans. Combinées, les économies de la Chine et de l'Inde sont maintenant légèrement plus importantes que celle des États-Unis", a fait remarquer Warren Jestin, économiste en chef de la Banque Scotia.

Ces calculs permettent d'ajuster les évaluations portant sur la production en utilisant la parité du pouvoir d'achat pour tenir compte des différences du coût de la vie et des réalignements du taux de change, qui ont été un casse-tête pour les comparaisons traditionnelles entre pays, a ajouté M. Jestin.

Les flux des échanges commerciaux internationaux permettent de brosser un tableau similaire. "Les pays émergents et nouvellement industrialisés d'Asie produisent 23 pour cent des exportations mondiales", rappelle M. Jestin. "La Chine est devenue le plus grand exportateur de produits autres que ceux de l'énergie vers les États-Unis. Au chapitre de l'énergie par ailleurs, les ventes canadiennes aux États-Unis nous donnent le droit de nous vanter du titre de principal fournisseur."

La progression économique en Asie a été favorisée par une saine dynamique régionale. En effet, les échanges en Asie, centrés sur la Chine, sont presque 50 pour cent plus importants que les échanges entre les pays de l'ALENA et augmentent presque deux fois plus vite. Les réseaux de transport, de communication et d'énergie de la région sont en forte expansion. La Chine prévoit à elle seule dépenser plus de 300 milliards de dollars américains annuellement sur ses infrastructures d'ici 2010.

Selon M. Jestin, l'Asie et les autres régions émergentes sont appelées à jouer un rôle beaucoup plus important dans la détermination des tendances du marché financier et du rythme de croissance de l'économie mondiale. Des gains de parts du marché des exportations, des investissements intérieurs en forte hausse et l'utilisation des épargnes locales pour satisfaire la nouvelle demande en biens de consommation devraient permettre à la Chine de conserver un rythme de croissance de 8 à 10 pour cent jusqu'en 2010. L'Inde, pour sa part, connaîtrait une croissance à peine moins vigoureuse.

En revanche, la croissance des pays du G7 est ralentie par des tendances démographiques anémiques, par une population vieillissante, des marchés intérieurs presque saturés et une concurrence féroce de la part des producteurs étrangers. À l'exception du Canada, les déficits fiscaux gênent les initiatives porteuses de croissance. Dans une perspective cyclique, il existe peu de demande comprimée de biens durables ou de logements coûteux et les pressions inflationnistes larvées font grimper petit à petit les taux d'intérêt. Dans un tel contexte, la croissance des pays du G7 s'apprête à ralentir et gravitera probablement autour des trois pour cent en Amérique du Nord et des deux pour cent en Europe et au Japon, et ce, jusqu'en 2010.

Par ailleurs, le Canada s'est raisonnablement bien tiré d'affaires pendant cette période de profond repositionnement mondial. "La vigueur de la performance commerciale canadienne et de la croissance nationale ainsi que la hausse la plus marquée de la monnaie canadienne de l'histoire témoignent d'un heureux changement de leadership économique parmi des secteurs importants", estime M. Jestin.

Le secteur canadien de la fabrication, à l'épicentre même des rajustements exigés par un taux de change à la hausse et par une concurrence étrangère de plus en plus vive, compte maintenant pour 57 pour cent des exportations de marchandises. Au cours de la même période, les produits de base ont atteint 43 pour cent du total des ventes à l'étranger, une augmentation de 6,5 points de pourcentage. M. Jestin fait remarquer que "la chute de 9 milliards de dollars en exportations de véhicules et de pièces d'automobile depuis 2002, alors que le dollar canadien prenait de la valeur et que les ventes aux États-Unis plafonnaient, a été plus que contrebalancée par une augmentation de 36 milliards de dollars des ventes d'énergie à l'étranger."

Les producteurs canadiens de produits de base continueront à profiter de la demande croissante des pays émergents ainsi que de la dépendance croissante du marché américain à l'énergie importée. On s'attend à ce que le prix de référence du brut West Texas Intermediate (WTI) se maintienne à près de 70 dollars US le baril au cours des deux prochaines années, soit le double du prix qui prévalait au début de la décennie. On prévoit aussi que les marchés de l'uranium, du gaz naturel, du cuivre, du zinc, du nickel et du minerai de fer restent très actifs.

Parallèlement, de nombreuses industries, y compris celles du secteur des ressources, feront face à de nouvelles difficultés liées aux contraintes de capacité, à la pénurie de main-d'?uvre qualifiée et aux délais dans l'obtention d'équipement et de matériaux nécessaires aux projets d'infrastructure. La Réserve fédérale américaine pourrait augmenter légèrement les taux au cours des prochains mois si l'inflation de base augmente encore un peu. Des pressions similaires pourraient forcer la Banque du Canada à agir dans le même sens. La hausse des taux d'intérêt a déjà un effet négatif sur la demande de biens de consommation importants et sur le marché immobilier. Comme le dollar américain est enclin à faiblir de nouveau, les exportateurs canadiens et le secteur du tourisme pourraient avoir à s'adapter, d'ici la fin 2007, à une nouvelle appréciation du dollar, qui dépasserait la barre des 90 cents américains.

Dans l'ensemble, l'économie canadienne devrait croître de près de trois pour cent au cours des deux prochaines années. Sur une base régionale toutefois, la croissance sera loin d'être équilibrée. L'Alberta, la Colombie-Britannique et d'autres régions riches en ressources ont pris la tête de l'économie et la conserveront pour le reste de la décennie. Tandis que la nouvelle richesse en ressources du Canada participera à la vigueur d'autres régions, l'activité en Ontario, au Québec et dans la majeure partie du Canada atlantique aura tendance à rester en arrière par rapport la moyenne nationale.

À l'échelle internationale, l'économie des États-Unis tend à ralentir, empruntant une trajectoire basée davantage sur l'investissement d'entreprises et les exportations, et moins sur les consommateurs et l'habitation. La croissance mondiale connaissant toujours une phase ascendante, une monnaie concurrentielle a donné un coup d'accélérateur aux exportations américaines de machinerie, d'équipement et de logiciels de pointe, ainsi qu'au secteur de la fabrication en général. Les marchés des produits de base continuent de soutenir les principales nations exportatrices en Amérique latine. Le Brésil a émergé comme chef de file des Amériques en développement. Si l'on se base sur la parité du pouvoir d'achat, le Brésil représente la deuxième économie en importance des Amériques après les États-Unis.

Découlant des dépenses des consommateurs et des investissements d'entreprises, une reprise synchronisée est en cours dans les trois plus importantes économies de la zone Euro que sont l'Allemagne, la France et l'Italie. Cependant, une fiscalité élevée et un euro fort limiteront la portée de la croissance générale. Le Japon aussi connaît une croissance modérée, l'impulsion venant des dépenses du secteur privé et du commerce extérieur. Pour ce qui est du Royaume-Uni, les pertes d'emplois légèrement à la hausse et un refroidissement du marché de l'habitation tendront à modérer les dépenses des consommateurs.

Pour visionner une diffusion Web récente de Warren Jestin, économiste en chef de la Banque Scotia, et de Fred Ketchen, directeur général, Opérations sur actions, de ScotiaMcLeod, présentant les Perspectives mondiales, veuillez consulter le site Web à l'adresse www.scotiabank.com.

Les Perspectives mondiales et d'autres publications d'Études économiques Scotia sont offertes à l'adresse www.scotiabank.com et sur Bloomberg avec SCOE.

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie des facteurs qui façonnent l'avenir du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie, ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

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Communiqué envoyé le 18 juillet 2006 à 10:02 et diffusé par :