Le Lézard

Ville de Montréal - Détresse psychologique chez les cols bleus



MONTRÉAL, le 16 mai /CNW/ -- MONTRÉAL, le 16 mai /CNW Telbec/ - Bien qu'on aborde rarement leur travail sous cet angle, les cols bleus sont nombreux à souffrir de traumatismes liés au harcèlement psychologique subi dans leur environnement professionnel. C'est ce que conclut une étude effectuée l'an dernier par Angelo Soares, professeur au Département d'organisation et ressources humaines de l'UQAM. Financée par le Service aux collectivités de l'université, l'étude est basée sur les réponses écrites de près d'un millier d'employés manuels de la Ville de Montréal. Et les résultats sont surprenants : au moment de l'étude, 23 % des cols bleus se disaient victimes de harcèlement psychologique et 20 % en avaient subi dans les 12 mois précédents.

Cela se traduit par des traumatismes majeurs : un taux de détresse psychologique deux fois supérieur à la moyenne (39,8 %), de la dépression (16,3 %), de l'anxiété (16,2 %) et même du désespoir (23,1 %), ce qui peut entraîner des pensées suicidaires (22,8 %). L'étude révèle qu'une partie des employés ont des problèmes de santé mentale, à un point tel qu'ils ne devraient même pas être au travail.

"Dans toutes les enquêtes que j'ai faites, jamais je n'ai observé un groupe d'employés aussi stigmatisés. Ces hommes et ces femmes font un travail difficile qui assure la santé et la sécurité publique. Pourtant, ils n'ont aucune reconnaissance et subissent la pression de leur employeur, des médias et des citoyens", affirme le professeur Soares. En effet, si le harcèlement subi est, en premier lieu, le fait des supérieurs immédiats, il émane aussi - dans une moindre mesure - de la population en général, ce qui est rarement observé dans ce genre d'étude. Des collègues de travail se font également harceleurs, mais cela ne dispense pas pour autant les gestionnaires d'agir pour régler la situation. "La loi est claire sur ce point, c'est la responsabilité de l'employeur d'offrir aux salariés un environnement de travail exempt de harcèlement. Que celui-ci provienne des supérieurs, des subordonnés ou des collègues, c'est aux administrateurs à y voir. La Ville ne peut s'en laver les mains! Elle doit agir, faire de la prévention et revoir, notamment, une organisation du travail nettement déficiente et démotivante pour ses employés", souligne-t-il encore.

Les constats du professeur Soares n'étonnent guère les dirigeants du syndicat qui, chaque jour, entendent les récriminations des cols bleus contre l'attitude de la Ville. "Aujourd'hui, une enquête approfondie et indépendante vient confirmer ce que nous disons depuis des années sur cette administration. Le climat est malsain, les employés ne sont pas respectés et sont pointés du doigt injustement. En fait, les gestionnaires créent plus de problèmes qu'ils n'en règlent. J'espère que, cette fois, l'administration Tremblay-Zampino n'essaiera pas de s'en tirer avec une pirouette et qu'elle prendra les mesures qui s'imposent pour améliorer réellement les conditions de travail de ses employés. La Ville a une responsabilité à cet égard et elle doit y voir", lance Michel Parent, président du syndicat des cols bleus regroupés de Montréal.

De son côté, le professeur souhaite un changement de culture à la Ville de Montréal, "il y a des choses qu'un gestionnaire ne doit jamais faire, comme dénigrer ses propres employés sur la place publique ou divulguer les erreurs commises. C'est complètement contre-productif et démobilisateur. Les cols bleus travaillent fort, dans des conditions que peu d'entre nous accepteraient, comme les égouts par exemple. Ils méritent que leur employeur les traite mieux. D'autre part, les médias et les citoyens devraient comprendre que ces gens-là obéissent aux ordres qu'ils reçoivent, avec les moyens - souvent insuffisants - qu'on leur donne. La réalité est bien différente du stéréotype véhiculé un peu partout".

Le SCFP représente environ 70 % de l'ensemble des employés municipaux au Québec. En plus du secteur municipal, le SCFP est présent dans 10 autres secteurs d'activités au Québec, entre autres, la santé et les services sociaux, l'éducation, les transports urbain et aérien, l'hydroélectricité, les sociétés d'État et organismes publics québécois et les communications. Comptant au total près de 100 000 membres au Québec, il est le plus important syndicat affilié de la FTQ.

Ce communiqué et d'autres infos sur le site scfp.qc.ca


Communiqué envoyé le 16 mai 2006 à 10:38 et diffusé par :