Le Lézard

COCQ-SIDA : Le VIH/Sida au profit de la bureaucratie fédérale



MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 17 juillet 2006) - Sans consultation ni préavis, ni justification convaincante, les organismes communautaires québécois oeuvrant dans la lutte contre le Sida ont été informés par voie électronique le 12 juillet dernier que leur bailleur de fonds Santé Canada modifiait l'entente de financement effective jusqu'en 2007 en reportant sine die le processus d'appel d'offres prévu en septembre 2006. Bien qu'assortie de quelques modalités pour les organismes déjà sous octroi, cette décision place l'ensemble de ces organismes aux ressources déjà limitées devant une situation inacceptable à tous égards.

Le motif invoqué au soutien de ce changement de cap est celui de la nécessité de procéder à la révision des programmes existants afin de s'assurer que ces derniers "s'harmonisent" avec l'Initiative fédérale canadienne de lutte contre le Sida.

Les organismes communautaires qui bénéficient de subventions de Santé Canada ont peine à croire à cette justification pour avoir été partie au cours des années aux moult processus de révision de programmes effectués par l'administration fédérale. La révision étant une pratique continue et de surcroît coûteuse à Santé Canada, rien ne justifie de modifier les règles existantes au détriment des organismes terrain qui travaillent d'arrache-pied à s'acquitter de leur mission auprès de la population.

En 2004, le gouvernement canadien prenait l'engagement de doubler le budget dédié à la lutte contre le sida pour atteindre la somme de 84,4 millions en 2009. Les chiffres obtenus par la Loi sur les renseignements personnels à la demande de la Société canadienne du sida sont significatifs de la manière dont les fonctionnaires fédéraux traitent les priorités gouvernementales quant à l'attribution des fonds. En 2006-2007, 35,8 millions ont été octroyés en subventions et 19,3 millions ont été réservés à l'administration du programme ce qui correspond à plus de 50% de l'enveloppe globale du budget de l'année. En 2007-2008, le pourcentage attribué aux frais de gestion représente 65% du budget total de l'année. Une bureaucratie bien servie au dépend d'une cause colossale qualifiée pourtant de prioritaire à l'agenda politique canadien.

Les groupes communautaires actuellement subventionnés n'ont pratiquement rien obtenu de cette revalorisation budgétaire et ceux qui souhaitaient participer à l'appel d'offres de septembre 2006 pour s'assurer un minimum de financement n'auront qu'à prendre leur mal en patience jusqu'à ce que les fonctionnaires daignent procéder à la levée du report.

Dans ce contexte de manque total de transparence et devant l'utilisation plus que douteuse des fonds destinés aux personnes touchées par le VIH, nous n'avons d'autre choix que d'exiger que les fonds attribués à la lutte contre le sida pour le Québec soient rapatriés au gouvernement provincial afin que ces sommes destinées à l'action communautaire servent vraiment à cette cause.




Communiqué envoyé le 17 juillet 2006 à 10:30 et diffusé par :