Le Lézard

Les chefs de l'Assemblée des Premières Nations expriment leur inquiétude et leur forte opposition aux commentaires du premier ministre sur la pêche "fondée sur la race"



OTTAWA, le 13 juillet /CNW/ -- OTTAWA, le 13 juillet /CNW Telbec/ - Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Phil Fontaine, et les leaders des Premières Nations de l'ensemble du pays ont exprimé aujourd'hui leur vive opposition aux commentaires du premier ministre, Stephen Harper, qui, dans une lettre au rédacteur en chef en date du 7 juillet, qualifiait la pêche pratiquée par les Premières Nations comme une pêche "fondée sur la race".

"Ce n'est pas une pêche fondée sur la race. C'est une pêche fondée sur les droits", a déclaré le chef régional de l'APN de Colombie-Britannique, Shawn A-in-chut Atleo. "Notre droit à la pêche découle de nos droits inhérents et antérieurs à titre de citoyens des Premières Nations du Canada. Ces commentaires inquiètent sérieusement les Premières Nations, dans cette province et dans l'ensemble du Canada."

Dans une lettre adressée au Calgary Herald vendredi dernier, le premier ministre Harper écrivait ce qui suit : "permettez-moi (aussi) d'être clair : dans les prochains mois, nous entreprendrons une enquête sur l'effondrement de la pêche au saumon dans le fleuve Fraser et nous nous opposerons aux programmes de pêche fondés sur la race." Les chefs présents à l'assemblée générale annuelle de l'APN, tenue à Vancouver, en Colombie-Britannique, se sont largement opposés à ces déclarations du premier ministre.

Le chef régional de l'APN pour la Nouvelle-Ecosse et Terre-Neuve, Rick Simon, a déclaré : "Le droit des Premières Nations de l'Atlantique à gagner leur vie grâce à la pêche a été reconnu par le jugement Marshall et je peux vous dire que les Premières Nations feront respecter leurs droits. Les programmes Marshall mis en oeuvre au Canada Atlantique ont résolu la vaste majorité des tensions dans le secteur de la pêche. L'opposition aux programmes de pêche pour les Premières Nations, comme le programme Marshall, ou la fin de ces programmes ne ferait que nous ramener en arrière."

Le grand chef Doug Kelly, du conseil tribal Sto:lo, a aussi exprimé sa consternation, constatant que le premier ministre a fait exactement ce que son gouvernement avait demandé aux Premières Nations de ne pas faire.

"Le ministre des Affaires indiennes presse les Premières Nations de ne pas s'exprimer par la voie des médias", a rappelé le grand chef Kelly. "Pourquoi alors le premier ministre annonce-t-il un changement de politique majeur dans une lettre au rédacteur en chef?"

Le chef national de l'APN nouvellement réélu, Phil Fontaine, a déclaré pour sa part : "C'est une chose que de tenter de nier qu'un droit existe, mais si nous prenons le premier ministre aux mots, on constate qu'il essaie de nous retirer un droit qui nous est reconnu par la constitution et par la Cour Suprême du Canada. Cette manoeuvre devrait inquiéter tous les Canadiens, et non seulement les Premières Nations."

Le chef national a aussi déclaré que lui-même et l'APN demandent une rencontre immédiate avec le premier ministre, le ministre des Pêches et des Océans ainsi qu'avec le ministre des Affaires indiennes afin de clarifier les propos du premier ministre et la position du Parti conservateur, ainsi que de s'assurer qu'ils comprennent et respecteront les droits des Premières Nations de même que la loi canadienne.

"Nous désirons aussi obtenir un engagement du gouvernement du Canada en vertu duquel toute décision qui toucherait les Premières Nations ne serait prise qu'après discussion et entente complète et éclairée avec les Premières Nations, comme l'exige la loi canadienne", a conclu le chef national.

L'Assemblée des Premières Nations est l'organisme national qui représente les citoyens des Premières nations au Canada.


Communiqué envoyé le 13 juillet 2006 à 19:47 et diffusé par :